21/01/2004

la mort de mon oncle

Hier, j'étais à bout... je n'ai rien écrit sur moi ! Pourtant j'étais contente l'autre jour d'avoir évoqué mon enfance en parlant de mes parents adoptifs que j'adorais et qui me le rendaient si bien ! Mais...(comme je l'ai déjà dit, il y a toujours eu des "mais" dans ma vie...) j'avais 14 ans quand les troubles au Rwanda ont commencé : expliquer leurs causes ainsi que celles de cette sale guerre et de cet horrible génocide qui suivirent est très difficile et quasi impossible (peut-être pourrais-je en parler plus sereinement un jour mais pas pour le moment : cela m'a apporté trop de peines et de deuils...). Le premier signe des difficultés amenées par ces troubles fut la nervosité de mon oncle : il parlait avec tristesse de l'agitation qui régnait parmi les soldats.. Il sentait que le racisme Tutsis-Hutus augmentait et même entre officiers : lui qui était profondément humain et pacifiste,  il combattait de toutes ses forces la haine et les jalousies qui apparaissaient dans l'armée. A tel point qu'il en tomba malade (maman disait en pleurant qu'on avait empoisonné sa nourriture parce qu'il avait trop d'influence...) et très rapidement je l'ai vu dépérir ...
Ooooh...moi qui l'aimait tant, mon  oncle avec son bel uniforme, j'étais si sûre qu'il se rétablirait et qu'il remettrait de l'ordre dans l'armée (comme il le faisait si bien dans la famille quand nous nous disputions entre frères et soeurs : avec le calme et la bonté qui le caractérisaient...) Mais non...il s'est éteint comme la flamme d'une bougie... Quand je l'ai vu sur son lit de mort, j'aurais voulu mourir avec lui et j'ai cru que mes larmes ne tariraient jamais...  Quand j'y pense encore aujourd'hui, loin de mon Pays,  dans ces moments si difficiles que je vis, mes larmes reviennent et augmentent ma peine ...Mais voilà, mes amis belges traduisent mon espoir de pouvoir sortir de ce camp misérable : je ne sais comment, mon oncle me donne la force de ne pas désespérer...
 
 
 
 
 

18:43 Écrit par monra | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

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