24/01/2004

Je quitte ma maison ...

Après la mort de mon oncle, nous sommes restés prostrés et craintifs, ayant peur de l'avenir...Nous habitions dans les faubourgs aisés de Kigali et nous sentions bien que la guerre se rapprochait de nous : certains voisins étaient déjà partis, d'autres accusaient tous les Tutsis qui habitaient dans notre pays d'être des espions à la solde des envahisseurs ...On voyait la haine dans leurs yeux et maman était très très inquiète des répercussions d'une telle situation...Comme des millions d'autres rwandais, elle se décida de s'enfuir avec nous à l'extérieur du pays : elle avait de la parenté aux environs de Goma et de Bukavu : nous fîmes notre petit balluchon en hâte car la rumeur courait que les Tutsis Ougandais étaient aux portes de Kigali ! Mon Dieu, je crois que je n'oublierai jamais ce départ : mon dernier regard à "ma" maison, les larmes de maman, les pleurs des plus jeunes et nos bagages sur la tête, la peur au ventre, .....et surtout, oh oui, surtout les milliers et les milliers de Rwandais sur la route...comme nous, ils fuyaient la guerre et la haine... PS : Ne croyez pas que ce sont des photos de nous ...Je les trouves sur le Net et sont (un peu) représentatives de ce que j'ai vécu  ou que je vis encore...

15:16 Écrit par monra | Lien permanent | Commentaires (1) |  Facebook |

Commentaires

Bonjour je viens de tomber sur ton site et ton histoire m a beaucoup touché. je m appelle Hedi et je suis une française de 35 ans qui vit actuellement au quebec. Mon ami est rwandais et a quitté son pays après le genocide. je voulais te dire que mon coeur et mon âme sont avectoi et les tiens. je ne veux pas t embéter mais veux tu que nous communiquions ensemble? en attendant ta reponse saches que je vais t envoyer mes prières et plein de belles energies. Je sais que ce que vous vivez n a pas de nom, sachez que je compatis a votre douleur car nous sommes tous des humains et ce qui arrive à lun de nous se repercute sur toute l humanité. Que Dieu vous bénisse et vous protège. je suis là. Hedi

Écrit par : hedi | 11/02/2009

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