30/01/2004

Passage de la frontière...

J'avais perdu ma famille mais je n'avais pas encore perdu l'espoir de la retrouver... Je me disais innocemment que je les retrouverais à la frontière ... Mais plus le temps passait sans les retrouver, plus me hantait l'horrible idée qu'ils avaient peut-être été tués par les mitraillettes.... Je me reprochais d'avoir fui si vite, de ne pas être revenue sur mes pas, d'avoir cédé à cette panique abominable qui vous déchire l'intérieur et qui vous pousse à tout oublier...J'aurais dû... J'aurais mieux fait de ...  Si ...  Et si... Mon Dieu, qu'aurais-je dû faire ...?
Quand je suis arrivée à la frontière, la foule était si dense qu'on pouvait à peine respirer...(regardez la photo, cela dit plus ou moins comment c'était...) : tout le monde voulait passer en même temps, et moi, j'avais peur car mes papiers étaient restés dans le balluchon de maman... Allait-on me laisser traverser cette ligne qui nous donnait l'espoir d'échapper à toute cette haine et d'enfin pouvoir se reposer... (Quelles illusions !)  Le passage se fit sans trop de problème : je me suis glissée dans un groupe familial et les douaniers congolais, débordés et épuisés par tant de monde, nous ont fait signe de passer sans rien vérifier... Je suis restée sur le bord de la route pendant plus de 8 jours, mendiant la nourriture aux gens qui passaient et espérant découvrir ma famille dans cette foule qui défilait sans arrêter... Je dus me rendre à l'évidence : je ne les retrouverai pas ainsi... Je me suis remise en route espérant contre toute espérance ...
Merci à David pour son beau message : chacun de ses mots m'ont touchée...

22:54 Écrit par monra | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

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