28/05/2004

Honneur au collège ST-HUBERT...

Connaissez-vous le collège St-Hubert ? Il est situé à Boitsfort dans la pérphérie de Bruxelles ... Pendant le Carême (avant Pâques) , on propose toujours aux élèves des actions de solidarité avec les moins favorisés..Cette année, mes amis belges sont venus parler de moi et de mes problèmes en leur racontant toutes mes misères (comme je le fais ici ) et ils se sont mobilisés POUR MOI !!!! Un tout GRAND MERCI A TOUS car ils ont récolté près de 1500 € pour m'aider : c'est vraiment super : j'ai vraiment "un pied et demi hors du camp" : mon moral et celui de ma petite famille est au zénith !!! Merci également à tous ceux des blogs qui ont eu la gentillesse d'envoyer leur quote-part à Solrwabel : je vous jure que nous ne vous oublierons pas !!! Peut-être que j'aurai l'occasion de vous raconter la suite d'ici quelques temps : ceci est mon dernier post de "prisonnière de camp de réfugiés" : nous sortirons bientôt et toute contribution supplémentaire sera la bienvenue !!! Merci !!!

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20/05/2004

Une bouteille à la mer ...

Les naufragés sur une île déserte jetaient des messages à l'intérieur d'une bouteille, en espérant que quelqu'un la trouve et puisse les sauver... Ainsi, moi, Claudine, réfugiée avec mon mari Justin et mes 3 enfants, je jette ce blog dans l'océan des blogs, espérant que quelques personnes me comprennent et viennent me sauver par des paroles encourageantes. Ma vie vous est racontée par petits morceaux...à bientôt ...



17:13 Écrit par monra | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

19/05/2004

l'odyssée de maman...

Un jour, j'ai reçu une lettre de maman (tante Thérèse) ! Il faudra que je vous raconte comment j'ai appris, après 10 longues années, qu'elle était encore vivante, ainsi que ma soeur Christine et mes 4 cousins : mais voici déjà son histoire à elle, comme elle me l'a racontée dans ses lettres que je reçois depuis 6 mois  : Ils avaient tous échappé aux mitraillettes en se cachant comme moi mais ils se sont très vite retrouvés et m'ont cherchée pendant des jours et des jours... Maman a cru que j'étais morte...et m'a pleurée pendant toutes ces années... Elle a eu aussi une vie incroyable avec ses 5 enfants pendant l'exode. Durant plus d'un an, elle a habité dans un camp tenu par les Chevaliers de Malte du côté de Bukavu. Aidée financièrement par sa soeur Sichola qui habitait la Belgique et ameutait tous ses amis belges pour lui venir en aide , elle a pu envoyer ces deux aînées en Belgique pour y faire des études... Ma soeur, Christine, plus âgée, était devenue maman d'une petite fille et elle était restée avec maman et les deux garçons, vivant misérablement au crochet des cousins de Goma qu'elle avait retrouvés... Elle ne pouvait plus rentrer au Rwanda : sa maison était occupée par les "vainqueurs" et elle risquait sa vie, comme "femme" d'un officier de l'armée rwandaise... Le miracle de la solidarité lui a permis de se réfugier aux Pays-Bas et un autre miracle m'a permis d'avoir de ses nouvelles dans le trou où je me trouve ...: mais je raconterai cela une autre fois !



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17/05/2004

Passage de la frontière...

J'avais perdu ma famille mais je n'avais pas encore perdu l'espoir de la retrouver... Je me disais innocemment que je les retrouverais à la frontière ... Mais plus le temps passait sans les retrouver, plus me hantait l'horrible idée qu'ils avaient peut-être été tués par les mitraillettes.... Je me reprochais d'avoir fui si vite, de ne pas être revenue sur mes pas, d'avoir cédé à cette panique abominable qui vous déchire l'intérieur et qui vous pousse à tout oublier...J'aurais dû... J'aurais mieux fait de ...  Si ...  Et si... Mon Dieu, qu'aurais-je dû faire ...?
Quand je suis arrivée à la frontière, la foule était si dense qu'on pouvait à peine respirer...(regardez la photo, cela dit plus ou moins comment c'était...) : tout le monde voulait passer en même temps, et moi, j'avais peur car mes papiers étaient restés dans le balluchon de maman... Allait-on me laisser traverser cette ligne qui nous donnait l'espoir d'échapper à toute cette haine et d'enfin pouvoir se reposer... (Quelles illusions !)  Le passage se fit sans trop de problème : je me suis glissée dans un groupe familial et les douaniers congolais, débordés et épuisés par tant de monde, nous ont fait signe de passer sans rien vérifier... Je suis restée sur le bord de la route pendant plus de 8 jours, mendiant la nourriture aux gens qui passaient et espérant découvrir ma famille dans cette foule qui défilait sans arrêter... Je dus me rendre à l'évidence : je ne les retrouverai pas ainsi... Je me suis remise en route espérant contre toute espérance ...

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10/05/2004

vérité vraie !

Je viens de passer des heures sur ce site à tout lire

 depuis le commencement. Au début j'étais moi

aussi sceptique sur la véracité du contenu,

mais on ressent tellement la detresse mais

 aussi une certaine forme d'espoir chez toi

que j'ai fini par y croire.

Face à tous tes soucis, les miens me

semblent bien insignifiants, et je n'ai

qu'une seule chose à rajouter : courage !

car comme on quelqu'un m'a dit un jour :



le soleil brillera pour toi car l'ombre,

longtemps, ne dure pour les étoiles...

 

teen_spirit



http://sicksadworld.skynetblogs.be/

teen_spirit

Voici un commentaire qui m'a bcp touchée ...

Je peux garantir à tous mes lecteurs que

ce qui est écrit dans ce blog est vraiment vrai :

le problème est que je parle

par l'intermédiaire de Monra qui me connaît

moi et toure ma famille  : en effet dans le camp

où j'habite il n'y a pas d'électricité,

encore moins d'ordinateur !

 Mais un jour le soleil brillera

dans ma vie !

 


Merci à teen_spirit !
 
Et n'hésitez pas à visiter son blog ...








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09/05/2004

Bonne nouvelle !

Mon cri d'alarme du mois d'avril devant la crainte d'être rapatriés de force a été entendu ! Nous avons enfin des papiers officiels de la Croix Rouge : cela veut dire que nous sommes reconnus comme réfugiés et que nous ne serons pas expulsés d'Angola... Nous avons dansé de joie ! Cela signifie que nous pourrons accéder aux soins et aides attribués aux réfugiés  alors que jusque hier, nous étions des parias de la société... Quel chemin parcouru depuis cett vie de sauvage dans la forêt... De plus, Maman me dit qu'il y a de l'espoir de me sortir de ce camp de misère grâce aux nombreux belges et hollandais qui l'aident financièrement pour m'aider : Justin essaie de voir ce qu'il pourrait faire avec ce petit capital :  : un petit commerce où il vendrait des légumes cultivés par nous ? Nous sommes fous d'espoir ; coninurz à nous aider, par pitié ! et merci merci merci !!!

14:34 Écrit par monra | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

04/05/2004

 Voilà 10 ans que la guerre nous a jetés sur la route

 Voilà 10 ans que la guerre nous a jetés sur la route de l'exil... Quelle drôle de vie j'ai vécu durant cette décennie : beaucoup de malheurs mais aussi à travers tout, des chances inouïes ... Pourquoi ne suis-je pas morte sous les balles des chasseurs ? Pourquoi n'ai-je pas péri de malnutrition ou de maladie (comme mon petit Paul...) ? Quelle joie d'apprendre que toute ma famille est en vie et est sauvée ! Quelle chance que Justin m'ait toujours soutenue durant ces 10 années si dures à vivre ...! Et me voilà sur un blog grâce à une solidarité internationale ! Je peux vous parler et vous dire que j'attends tout de vous : l'amitié, la compassion, la sympathie, l'écoute et même mon salut ! Merci à tous ceux qui ont déjà participé au sauvetage de ma petite famille : petit à petit mon espoir grandit ... MERCI !


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02/05/2004

Je redeviens orpheline ...

Cette photo que j'ai trouvée sur le Net est vraiment une image de notre exode...Nous avions nos balluchons sur la tête, du plus petit au plus grand :  nous étions des milliers sur la route et notre seul espoir était d'être accueillis de l'autre côté de la frontière : à Bukavu...Nous fuyions les massacres, les enrôlements de force, les horreurs du génocide sans bien savoir ce qui se passait : des rumeurs atroces relataient des scènes de viols et de martyres, des destructions de villages entiers...pourquoi ? par qui ? Certains disaient que c'était des Tutsis, d'autres des Hutus... Imaginez donc la panique lorsqu'un matin nous entendîmes ces rafales de mitraillettes ! Chacun a pris son balluchon et s'est encouru dans les bananiers puis dans les marécages ;je ne savais plus ce que je faisais ni où j'allais : l'effroi violent qui me tordait les entrailles me fit courir plus vite que je ne l'avais jamais fait de ma vie ...jusqu'à ce que, exténuée, à bout de souffle, je m'écroule dans un fourré, terrée comme une bête, pour ne plus me relever avant la nuit : je me suis retrouvée seule dans la nature, un peu calmée mais n'osant faire aucun bruit ...j'ai cherché maman pendant des heures... j'ai retrouvé la route pour Bukavu mais pas ma famille.. Je me retrouvais une seconde fois orpheline et mes pleurs étaient intarissables...

15:00 Écrit par monra | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |